12.Set.10

Serpentine Gallery Pavilion 2010

Dalla viva voce del suo creatore Jean Nouvel, una descrizione particolare – e così poetica – del padiglione estivo della Serpentine Gallery inaugurato a Londra nel luglio di quest’anno. Oltre alla mia traduzione del testo del celebre architetto, adattato al taglio generale della rivista per cui è stato richiesto (e perché io sono una giornalista, non una traduttrice), ho voluto riproporre in originale le sue dichiarazioni, affatto tecniche ma di certo illuminanti.

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Un padiglione estivo per la Serpentine Gallery: da dove cominciare? Innanzitutto, dove mi trovo?
In Inghilterra, a Londra. All’interno di Hyde Park, spazio urbano inglese caratterizzato da una forte specificità. Quello del parco all’inglese: naturalistico, con accoglienti tappeti erbosi regolarmente tosati che rendono il paesaggio pressoché piatto, mentre alberi e cespugli sono sparpagliati secondo un processo aleatorio, come se nessuno avesse pensato a piantarli e si trovassero lì da sempre. È come se la stessa città attorno ci fosse sempre stata.
Ci si chiede il perché di parchi urbani così semplici, quando i loro immensi vuoti sono così rari in altri paesi. È difficile dissimulare lo sforzo impiegato per ottenere tanta libertà, questo immenso spazio aperto a tutti; è necessaria un’attenzione costante, per far sì che l’erba sia sempre dell’altezza giusta, gli alberi in salute, ciascuno possa passeggiare in questo luogo con la sensazione di essere a proprio agio nella sua città, nel suo parco. Perché qui si esprime la libertà di scelta: si cammina, si corre, ci si siede per terra o su una panchina; si pensa, si parla, si canta. È evidente come qui ciascuno abbia le sue abitudini… quotidiane? Stagionali, di sicuro.

Volevo che il padiglione estivo della Serpentine incontrasse le abitudini dei londinesi di Hyde Park, senza disturbarli; sollecitandoli, offrendosi come un’esperienza complementare ma non obbligatoria. Contavo sulla diffusione naturale della curiosità e del desiderio di riscoprire le sensazioni legate alla stagione, già a partire dalle conversazioni quotidiane: la galleria Serpentine, con la sua mostra dedicata a Wolfgang Tillmans, era sulla bocca di tutti proprio quando il padiglione estivo cominciava a indovinarsi, prossimo all’apertura, pronto per completare il quadro.
Durante l’estate i colori si espandono, s’intensificano. Il verde, certamente; ma anche i fiori esplodono nelle loro colorazioni. Il padiglione d’estate doveva essere eclatante. Doveva fare estate, portando il contrasto all’estremo. Infatti, è complementare al parco, come al padiglione in mattoni della Galleria Serpentine. È rosso, il colore tipico della stagione. Perché il rosso è il colore dell’estate, è il complementare del verde.

Il rosso è vita, vale a dire che è vivo, penetrante. Provocante, proibito, vistoso.
Il rosso è inglese, come una rosa rossa, o gli oggetti londinesi che segnano la città: un autobus su più piani, una vecchia cabina telefonica; luoghi transitori verso i quali dobbiamo andare.
Il rosso è un colore che non dura, va sparendo insieme all’estate, va estenuandosi fino a diventare inerte. Se il rosso è il sole, è l’astro nelle sue ore fugaci dell’alba e del crepuscolo, quando appare e scompare. Il rosso è il colore della passione, questo stato amoroso che non si eterna mai, restando fragile. Motivo per cui lo si coltiva, lo si ravviva come una fiamma, lo si protegge per prolungarlo.
Quest’anno, il padiglione d’estate della Serpentine Gallery veste di rosso, per celebrare la stagione in cui nasce. La stessa ragione d’essere del padiglione è di accogliere l’estate e il suo sole, per meglio interagirvi.

Quel pavillon d’été pour la Serpentine ?
Par où commencer ? Comment se mettre en mouvement ?
En ouvrant les yeux… où suis-je ?

En Angleterre. A Londres. Dans Hyde Park : une haute spécificité de l’espace urbain anglais. Les parcs à l’anglaise. Naturalistes, les fameuses pelouses accueillantes pour tous – en fait des près, de l’herbe, régulièrement tondue. Tout cela presque plat, avec des arbres, des buissons plutôt dispersés de façon aléatoire comme si personne n’y avait pensé, comme s’ils avaient toujours été là. On sent la ville autour comme si elle aussi avait toujours été là. Les feuilles sont pour l’essentiel caduques. Les saisons sont révélées sans ambiguïté. De temps à autre, dans cet immense calme urbain vient une construction, une route, un chemin, plus rarement un petit étang, un cours d’eau…

On se demande pourquoi des parcs urbains aussi simple, ces vacuités immenses sont si rares dans les autres pays. C’est difficile de faire semblant de ne rien faire… de laisser libre, ouvert… un immense espace de la liberté pour tous… quelle énergie a-t-il fallu pour le protéger ! Quel soin permanent pour l’entretenir pour que simplement l’herbe soit à la bonne hauteur, que les arbres soient en parfaite santé, pour que chacun puisse se promener dans un lieu serein avec ce sentiment d’être chez soi, dans sa ville, dans son parc, naturellement. Pour que quel que soit mon état d’esprit, mon désir d’extériorité en solitaire, en couple, en famille, entre amis, quel que soit mon age, l’hypothèse de passer quelques minutes, quelques heures à Hyde Park reste une sereine tentation.

Oui ici s’exprime la liberté de choisir de profiter d’une harmonie héritée entre la maison protégée et la ville protectrice. Ici on marche, on court, on s’assied par terre, sur un banc, on lit, on pense, on parle, on chante, on joue, on partage avec ses amis ses hobbies… visiblement ici on a ses habitudes… Quotidiennes ? Hebdomadaires ? Saisonnières sûrement… j’aimerais que le pavillon d’été de la Serpentine rencontre les habitudes des londoniens de Hyde Park, qu’il ne les perturbe pas, que simplement il les sollicite, qu’il s’offre comme une expérience complémentaire, non obligatoire. Ce serait bien si la curiosité un peu aiguisée et le désir de la découverte de sensations estivales se répandaient naturellement à partir des conversations de tous les jours.

Quand suis-je ? En été. Les arbres sont feuillus, denses, verts. Certains buissons sont fleuris. Les pelouses sont habitées de flâneurs, de paresseux, de sportifs, de joueurs. La galerie Serpentine et sa grande exposition Wolfgang Tillmans est plus visitée que jamais. Son pavillon d’été va s’ouvrir… j’ai encore du mal à le percevoir, je le devine, il complète le tableau. Ici aussi herbes et feuilles sont vertes, les fleurs s’invitent, les londoniens y traînent, boivent des coups, à l’ombre ils jouent, ils s’allongent dans l’herbe. L’été les couleurs s’installent, se densifient. Les verts bien sûr mais aussi les fleurs éclatent. Le pavillon d’été est éclatant. Il fête l’été. Il pousse le contraste à l’extrême. Il est complémentaire. Complémentaire du parc, du pavillon de brique de la Serpentine. Il est rouge. Il est saisonnier.

Rouge c’est la chaleur de l’été. C’est la couleur complémentaire du vert.
Rouge c’est vif, c’est-à-dire vivant, perçant.
Rouge c’est provoquant, interdit, voyant.
Rouge c’est anglais, comme une rose rouge, comme les objets londoniens que l’on doit repérer : un bus à étage ou une vieille cabine téléphonique, comme ces lieux transitoires vers lesquels on doit aller.
Le rouge ne dure pas, la chaleur va disparaître avec l’été, le vif s’épuise vers l’inerte, la mort, la rose perd ses pétales et si le rouge c’est le soleil, c’est le soleil aux heures fugaces et enflammées de l’aube et du crépuscule, quant il apparaît et quand il disparaît. Le rouge est la couleur de la passion, cet état amoureux qui jamais ne s’éternise, fragile. C’est pourquoi on le cultive, on l’attise comme une flamme, on le protège, on le prolonge.
Le pavillon d’été de la Serpentine cette année 2010 met le rouge pour célébrer l’été et son astre éblouissant et brûlant : le soleil.
La raison d’être du pavillon est d’accueillir l’été et le soleil, pour mieux jouer avec lui.

Jean Nouvel

[Photo credits : John Offenbach]

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